Approche comparative d’un symbole et d’un instrument de l’israélitisme dans l’Europe et l’Amérique du. Vous pouvez soit : Télécharger le fichier .pdf - l'imprimer, le remplir à la main, puis le renvoyer au rabbin Télécharger le fichier .doc - le remplir en utilisant Word ou OpenOffice, puis le retourner par courrier électronique Tout à coup, passé la rue de Vertbois, elle tourna une grande rue en pressant le pas. Dans la France dispensatrice de l’émancipation et dans la capitale en particulier, un temple devait symboliser le nouveau statut des Juifs. Elle est inaugurée le 1er avril 1852[1]. You might also want to visit our International Edition. En l’absence de tradition architecturale juive, l’architecte ne peut trouver de modèle dans le Temple de Salomon, car son organisation liée à l’existence d’un corps de prêtres, à des sacrifices et à une hiérarchie des espaces sacrés, n’a rien à voir avec celle de la synagogue, qui, comme son nom hébraïque l’indique, n’est qu’une maison d’assemblée (bet haknesset). Au-dessus de ce mur flotte un grand drapeau tricolore qui avance fort dans la rue. APA: FR: Copier Jarrassé, D. (2004). Nous contacter. shabat shalom à toute. En 1818, la communauté de la rue Sainte-Avoye est expulsé par son propriétaire. 00 HEURES. L’Illustration [31] voit dans la façade un mélange «piquant» des styles oriental et byzantin… et justifie ainsi le choix de l’architecte: 39Il apparaît évident que des références orientales sont justifiées dans un édifice fréquenté par des Juifs alsaciens ou allemands en majorité… C’est d’ailleurs dans toute l’Europe que se produit cette tendance à voir des synagogues ashkénazes emprunter les splendeurs de l’Espagne médiévale, selon un mythe qui se développe alors et a encore cours aujourd’hui, à l’âge d’or judéo-hispano-mauresque [32]. 32Présenter cette synagogue monumentale au public consistait d’abord, évidemment, à en faire le modèle d’une intégration réussie: lors de son sermon d’inauguration [25], le 26 septembre 1851, le grand rabbin Marchand Ennery, qui ne pouvait qu’exprimer sa satisfaction, use de poncifs de l’homilétique rabbinique pour évoquer la lumière divine qui rayonne dans ce «sanctuaire»; il s’adresse ainsi aux fidèles [26]: «C’est éclairés par elle que vous accomplirez constamment vos devoirs comme pieux israélites et comme citoyens dévoués aux intérêts de la patrie.» Le rabbin glose donc sur la devise du Consistoire Central des Israélites de France, adoptée aux plus beaux temps de l’idéologie assimilatrice de Napoléon Ier: «Patrie et Religion»; les deux devoirs de tout israélite sont ainsi résumés et il est parfaitement entendu que valeurs religieuses et patriotiques sont désormais inextricablement liées, comme le confirme un détail significatif, relevé par un rabbin allemand de passage à Paris. Il est indéniable que l’étroitesse de la parcelle (une quinzaine de mètres de largeur) et la grosseur des colonnes rendaient cet espace peu adéquat au rituel. Sur le pourtour extérieur de cette porte est gravée la devise de la République française : "Liberté, égalité, fraternité". Le lieu le plus représentatif de ces mutations est la synagogue consistoriale de la rue Notre-Dame de Nazareth, bâtie en 1822 et reconstruite en 1852. Cette séparation entre officiants et assistants, selon le modèle chrétien, est une rupture profonde dans la tradition juive de participation des fidèles au rituel. Un chroniqueur des Archives Israélites réclame dès 1846, au moment où la question de la reconstruction est lancée [23]: 29Les termes révèlent bien les trois états d’évolution du judaïsme et les aspirations des contemporains. Au début de la période relevée, de nombreux mariages étaient célébrés à domicile : dans ce premier volume, on peut en dénombrer 200 sur 3 038. 10Elle est reproduite en détail (plan, coupes et élévation principale) sur une planche du recueil réalisé par les inspecteurs des Bâtiments civils [6]; cette publication confirme, d’une certaine manière, le passage de la synagogue au statut de «bâtiment public» puisqu’elle figure parmi des palais de justice, des mairies ou des églises. Cette évolution est analysée dans Simon Schwarzfuchs. Sous l’égide du Grand Rabbin Lazare Isidore et de Gustave de Rothschild les travaux de la synagogue de la Victoire ont débuté en 1867, sur l’emplacement d’un hôtel particulier offert en cadeau de noces par Napoléon Bonaparte à son frère Louis lors de son mariage avec Hortense de Beauharnais, elle-même fille d’un premier mariage de l’impératrice Joséphine, Louis Bonaparte … Nazareth : Gala exceptionnel en hommage à Simone Veil. Ce choix architectural est également en adéquation avec la valorisation de la fonction cultuelle, dont la conséquence est un rituel plus pompeux, l’introduction de l’orgue ou la disparition de certaines coutumes jugées indignes, comme la vente des mitsvot (les honneurs, lire la Tora, porter le rouleau, débuter ou clore un cycle liturgique, etc. Le roi Louis XVIII autorise par l'ordonnance du 29 juin 1819 le Consistoire israélite de Paris à édifier une synagogue. Un débat s’engagea alors dans la communauté entre les défenseurs d’une reconstruction sur place et ceux qui estimaient nécessaire un déplacement sur un terrain plus commode, voire dans un quartier plus représentatif, en fait plus chic. «Le temple consistorial de Paris jugé par un étranger», Sur ce processus, voir mes articles, «L’architecture des synagogues au, Voir l’analyse de Carol Ockman, «Two large eyebrows. Le Musée des familles [10] ouvre ses colonnes à Alphonse Ennery qui, après une description de la synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth, énumère minutieusement les rituels du chabbat et de la Pâque. Ecoutez, gens de Nazareth : vous connaissez déjà, par les enseignements du chef de votre synagogue, les applications de l’apologue contre Abimélek. Haut. Adresse: 15 Rue Notre Dame de Nazareth - 75003 Paris 40À ma connaissance, la première description détaillée de la synagogue de Paris dans la littérature française appartient, ce n’est pas un hasard, aux frères Goncourt; c’est aussi la plus somptueuse, car ils ont voulu, dans cette scène, rivaliser avec Rembrandt lui-même, artiste dont le clair-obscur et le goût pour les ornements orientaux connaissent un grand succès dans la génération romantique. 6Si elle offrait un certain décorum à l’intérieur, la première synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth n’en reflétait pas moins encore une période où pesait lourdement un impératif de discrétion: à l’extérieur, rien ne signalait la synagogue ashkénaze, la plus grande, bâtie par l’architecte Sandrié de Jouy: pas un symbole, pas une inscription. Elisa. Qui signifie: «sache devant qui tu te trouves», formule rituelle à cet emplacement. La synagogue possède un orgue, ce qui est révolutionnaire pour l'époque. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. Les meilleures photo Synagogue Nazareth des internautes. Aujourd’hui, les orgues sont abandonnées dans les synagogues, une réaction hostile étant apparue depuis les années 1960. Houppa. Une certaine différenciation identitaire se reconstruit dans ce bâtiment public, dont la monumentalité et le caractère officiel n’excluent pas une option stylistique exotique. Si le projet de Semper fut abandonné, l’initiative préfigure évidemment le lancement par le préfet Haussmann (1865) de la construction de la synagogue actuelle de la rue de la Victoire. Le rite est alsacien. Mais Jésus … Elle fait l'acquisition en 1819 d'un terrain situé entre le 14 rue Neuve-Saint-Laurent (l'actuelle rue du Vertbois) et le 15 rue Notre-Dame-de-Nazareth. Dans l’intérieur, on voit une nef très longue et très étroite, remplie, encombrée jusqu’au bout de bancs de chêne coupés par un passage fort mesquin. Il fut même tenté par une carrière mondaine, mais préféra devenir chantre, le Consistoire lui interdisant de se produire en dehors de la synagogue… Dans la nouvelle synagogue, afin de rehausser le culte, il organisa un chœur d’enfants et composa de nombreux morceaux. Le nom de tous les membres de la communauté massacrés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale est indiqué sur des plaques fixées dans le péristyle. Cachées dans la première synagogue, les femmes sont ici placées comme dans un théâtre et parfaitement visibles dans leurs atours. En 1810, après la création du Consistoire central israélite de France par Napoléon Ier en 1808, les Parisiens juifs ashkénazes, de rite allemand, possédaient deux synagogues. Synagogue Nazareth. Peut-il être quelque chose de plus caractéristique? 15, rue Notre Dame de Nazareth. 12Les fêtes sont aussi l’objet de la curiosité des revues; elles sont présentées dans le cadre de la synagogue parisienne. Guide du mariage juif - Retrouvez Synagogue Nazareth dans la catégorie Salons de Reception pour organiser vos réceptions juives, réceptions cachères, mariages, réceptions privées. Peu à peu, la synagogue de la rue de la Victoire va prendre une influence grandissante au détriment de celle de la rue Nazareth. Dès qu’il est chargé d’essayer de consolider l’ancienne synagogue, tout en dégageant plus de places pour les fidèles, il envisage en effet des colonnes métalliques, solution inédite pour un lieu de culte. Une autre lithographie, dessinée par le marquis de Villeneuve et livrée dans L’Artiste (fig. 1 mars 2002 à 16h01 . Le grand rabbin de la synagogue, Joseph Saks et son épouse seront arrêtés et meurent en déportation. Construite selon les plans de l'architecte Sandrié de Jouy, elle peut accueillir plusieurs centaines de fidèles et possède des galeries pour les femmes. A. Ennery, «Mœurs des Israélites de Paris», Signalons que Gustave Doré, pour illustrer. Il est ouvert de toute part, de la même façon que l’était la tente d’Abraham et de Sarah, afin de pouvoir offrir l’hospitalité aux amis et aux membres de la famille sans aucune restriction. L’introduction du fer dans les édifices de culte, mal acceptée par les catholiques, pour qui il provoque une désacralisation (car il est alors strictement lié à l’architecture utilitaire des marchés ou des gares…), ne choque pas dans une synagogue, puisque le lieu n’est pas sacré et que les impératifs fonctionnels sont prioritaires. Le cas de Paris est d’autant plus exemplaire que la communauté de la capitale [2], quoique de formation récente, prend rapidement une place prépondérante et devient un modèle pour tout le judaïsme français, hormis peut-être pour l’Alsace et la Lorraine qui ont leur propre tradition. Très rapidement des anomalies sont constatées dans la construction, et en 1848, le bâtiment menace de s'écrouler. La police ferme la synagogue en 1850, qui est démolie. En 1810, après la création du Consistoire central israélite de France par Napoléon Ier en 1808, les Parisiens juifs ashkénaze, de rite allemand, possédaient deux synagogues. Le Consistoire central israélite de France nomme d'habitude les synagogues par le nom de la rue où elle se situe, par exemple, synagogue de la Victoire (Grande Synagogue de Paris) ou synagogue Buffault. 17 Décembre 2020 à 14h00. Conçue comme un temple, elle comportait une estrade centrale et dans l’abside, surélevée de quelques marches, une arche sainte surmontée des tables de la Loi. 22Le chroniqueur du Moniteur des architectes ajoute: 24La fonction de la synagogue, comme la question du style, est parfaitement comprise ici, en particulier la primauté donnée au caractère pratique sur le décorum. C'est la plus ancienne des grandes synagogues de Paris. 27La synagogue de Paris est donc reconstruite au moment où se produit la mutation la plus profonde dans la communauté, et par voie de conséquence dans l’architecture synagogale. Quant à la petite synagogue du rite portugais, disposée sous le comble, elle était accessible par l’entrée de la rue Neuve-Saint-Laurent. Cet instrument suscita en partie la constitution de groupes traditionalistes, car bientôt il fut même joué le samedi. Là encore les gravures des journaux illustrés révèlent bien la perception contemporaine de la synagogue: qu’il s’agisse du mariage de M. A. de Rothschild avec Melle Anspach en 1854 dans L’Illustration, ou de l’installation du grand rabbin Zadoc Kahn [22] en 1869 (fig. La Mairie Mairie du Vème Arrondissement. Le baron profita même de la présence à Paris d’un architecte allemand exilé, Gottfried Semper (1803-1879), pour lui demander un projet. Symbole de la réforme, un orgue sera installé à demeure lors de la reconstruction de la synagogue. Les réactions à cette option sont significatives des diverses visions du judaïsme qui ont cours sous le Second Empire. Ils doivent être bientôt réinstallées. Consistoire de Paris. 37Les commentaires et les gravures des journaux illustrés accentuent, outre les proportions du bâtiment, certains aspects exotiques de la synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth, dans une démarche parallèle à l’affirmation de l’origine sémitique et orientale des Juifs: la différence «raciale» est de plus en plus fortement perçue, selon un principe de sémitisation [29]. Merci pour votre aide. Cette ambivalence demeure sous le Second Empire, puisque la Ville donne des terrains pour les nouvelles synagogues, mais leur impose ainsi des emplacements sans prestige, sur des rues étroites (rue de la Victoire et rue des Tournelles), alors qu’on construit la Trinité, Saint-Augustin ou Saint-Pierre de Montrouge à des carrefours, voire sur des places. Peu d’étrangeté en fait: la lithographie semble privilégier la vision d’une société intégrée, aux mœurs communes. 4Lors de l’installation du Consistoire israélite de Paris, en 1809, quelques synagogues et oratoires furent reconnus officiellement et la synagogue de la rue Sainte-Avoye (rue englobée ensuite dans la rue du Temple), une salle d’environ deux cents places, fut promue au rang de «synagogue consistoriale». Il est très significatif que le projet de transporter la synagogue dans un nouveau quartier ait été soutenu par le baron James de Rothschild (1792-1868), dont la fortune et la notoriété faisaient un leader, sans qu’il fût à la tête du Consistoire comme le seront ses fils. 9La reconnaissance de la place du judaïsme dans la société du temps se mesure également au grand nombre d’articles et de gravures qui lui furent consacrés; or, même s’il s’agit de présenter le judaïsme en général, presque systématiquement, c’est la synagogue de Paris qui sert d’illustration. 15Construite à l’économie et avec des matériaux médiocres, la première synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth menaçait ruine dès la seconde moitié de la décennie 1840. 125, no. Or, il n’existe pas d’architecture spécifiquement juive, d’où le recours à des formes orientales. Voir ici même, p. 75, l’article d’Olivier Bara sur l’opéra de Fromental Halévy. Furieux, ils se lèvent et entraînent Jésus hors de la ville. À défaut d’une architecture juive, les architectes puisent dans les différentes modalités de l’architecture orientaliste pour exprimer la fonction synagogale. 4), le dessinateur présente une vue du chœur et montre les tribunes des femmes – on serait tenté de dire les loges; S. Bloch dit les «avant-scènes» et réclame un «paradis»… – dont l’encorbellement donne sur le chœur. Elle est la résidence des grand-rabbin de France et des grand-rabbins de Paris jusqu'à la construction en 1875 de la grande synagogue de Paris, rue de la Victoire. […] Cependant nous ne sommes encore que devant le frontispice. La cérémonie sera suivie d’un vin d’honneur servi dans la salle des fêtes de la Mairie. 19Il est étonnant de constater combien la conscience de l’intégration des Juifs a pénétré les esprits au milieu du xixe siècle. Or, paradoxalement, alors que le processus d’intégration est à son comble, l’expression de cette identité va emprunter des formes orientalistes.